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🔎 Focus : Mouvement lycéen et étudiant, la réponse du gouvernement n’éteint pas la mobilisation
Après cinq semaines de blocages et de manifestations dans les lycées et les universités, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, et celui de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ont dévoilé lundi 26 octobre un plan mêlant des mesures destinées à être votées par amendement au budget 2027 (Parcoursup, effectifs de classe, bâti scolaire, contrôle continu) et des « chantiers » de plus long terme. Ce mardi 27 octobre, le gouvernement reçoit les organisations lycéennes dans l’après-midi en promettant des « réponses très concrètes », alors que la concertation en ligne lancée début octobre a recueilli plus de 100 000 contributions avant sa clôture le 23 octobre. Mais, pour les organisations lycéennes et étudiantes, cette première réponse politique, qui défait une partie des réformes des deux présidences Macron, ne suffit pas à éteindre la mobilisation de la jeunesse.
Le mouvement né à la mi-septembre ne porte pas seulement sur des détails techniques : il exprime une défiance plus large de la jeunesse face à une école perçue comme sélective, dégradée et peu à l’écoute. Deux lectures se croisent ici. Celle de l’exécutif : en dévoilant un plan sur Parcoursup, les effectifs de classe, le bâti scolaire et le contrôle continu, le gouvernement reconnaît une partie des diagnostics et choisit le dialogue, en recevant ce mardi les organisations lycéennes. Celle des lycéens et des étudiants : ces mesures, votées par amendement au budget 2027, corrigent à la marge des réformes des deux présidences Macron, mais laissent intact ce qu’ils dénoncent, une institution qui décide sans eux, des conditions d’étude dégradées et une société qui peine à leur faire une place.
Proposition : plutôt que de répondre crise après crise par des amendements conjoncturels, une refondation systémique de l’école publique traiterait la cause racine. Concrètement : une loi de programmation pluriannuelle de l’éducation garantissant des moyens stables, de vraies instances de démocratie lycéenne dotées de pouvoirs de décision sur la vie scolaire, et la garantie de services publics de proximité (orientation, bourses, logement étudiant), financés en réorientant les priorités budgétaires vers la jeunesse plutôt que vers la répression des manifestations. Il ne s’agit ni de figer le statu quo ni de céder à l’immobilisme, mais de faire de l’école un bien commun dont les premiers concernés seraient enfin de vrais acteurs.
Dans de nombreux lycées et universités, le mouvement s’organise de façon démocratique : les élèves tiennent des assemblées générales où chacun peut s’exprimer et où les mots d’ordre sont débattus et votés, une véritable école de la citoyenneté en acte. Le gouvernement lui-même a ouvert début octobre une concertation en ligne qui a recueilli plus de 100 000 contributions avant sa clôture le 23 octobre : une preuve, malgré ses limites, qu’une partie de la jeunesse veut être entendue. Ces pratiques pourraient être pérennisées : des assemblées générales dotées d’un réel pouvoir consultatif sur la vie scolaire, et des « états généraux de l’éducation » réguliers qui réuniraient élèves, parents, enseignants et collectivités, permettraient de transformer la contestation en dialogue permanent plutôt qu’en rapport de force ponctuel.
c’est le nombre de contributions recueillies par la concertation en ligne lancée par le gouvernement sur l’école, avant sa clôture le 23 octobre 2026 (Le Monde, 27 octobre 2026). Un signe de l’ampleur des attentes de la jeunesse, face auxquelles les mesures annoncées (Parcoursup, effectifs, contrôle continu) restent, selon les organisations lycéennes et étudiantes, largement insuffisantes.
Une école qui n’écoute pas sa jeunesse ne peut qu’accumuler les crises. Derrière des revendications techniques, Parcoursup, effectifs, contrôle continu, se joue une question de confiance : les élèves doutent que l’institution les prenne au sérieux. Répondre par des mesures correctives est nécessaire, mais si l’on n’ouvre pas un vrai espace de parole et de décision aux premiers concernés, la même colère resurgira au prochain cycle budgétaire. La démocratie commence dans la salle de classe : c’est peut-être la leçon la plus importante de cet automne social. Car une jeunesse qui se sent écoutée est une jeunesse qui se projette, tandis qu’une jeunesse ignorée finit toujours par se faire entendre, parfois violemment.
- Emmanuel Macron, message sur X rendant hommage aux forces de l’ordre, 25 octobre 2026 (Le Monde)
Mots clés : mobilisation lycéenne · service public · droit de manifester · Parcoursup · long automne social. La formule, publiée au lendemain d’une journée où entre 410 000 et 800 000 Français ont manifesté contre la vie chère, la dégradation des services publics et les restrictions du droit de manifester, illustre le décalage entre la perception de l’exécutif et celle d’une partie du pays : là où le pouvoir salue des forces de l’ordre « au rendez-vous de leurs missions », des centaines de milliers de citoyens dénoncent des services publics dégradés et une jeunesse qui se sent abandonnée. Ce fossé de perception nourrit précisément la défiance que le mouvement lycéen exprime dans la rue.
📚 Sources : Le Monde, « Mouvement lycéen et étudiant : Parcoursup, effectifs, bac… le gouvernement apporte sa première réponse politique, sans éteindre la mobilisation », 27 octobre 2026 ; franceinfo, direct « Mobilisation des lycéens : le gouvernement reçoit les organisations dans l’après-midi et promet "des réponses très concrètes" », 27 octobre 2026 ; Le Monde, « Après les manifestations du 24 octobre, l’exécutif confronté à la perspective d’un long automne social », 26 octobre 2026 ; Le Monde, « Mobilisations sociales : après le 17 octobre, le Sénat durcit le projet de loi "casseurs-payeurs" », 27 octobre 2026 ; Le Monde, « Attentat de Trappes : la gauche en ordre dispersé dans les rassemblements contre le racisme », 27 octobre 2026 ; Libération, « Budget 2027 : l’Assemblée nationale reprend l’examen d’un projet de loi incohérent », 27 octobre 2026 ; Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210), 2026 ; Le Monde, « Législatives en Israël : Benyamin Nétanyahou face aux électeurs pour la première fois depuis les attaques du 7-Octobre », 27 octobre 2026.