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🔎 Focus : Chômage à 8,3 % - la France s'éloigne du plein-emploi
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail a atteint 8,3 % de la population active fin juin, selon l'Insee - en hausse de 0,2 point, pour le sixième trimestre consécutif. La France n'avait plus connu un tel niveau depuis l'automne 2020. Le nombre de personnes sans emploi et en recherche active augmente de 62 000 sur le trimestre, à 2,7 millions, et les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus touchés, avec un taux de 21,6 %. La promesse de « plein-emploi » portée depuis 2017 s'éloigne, alors que les intentions de recrutement des entreprises reculent de 6,5 % en 2026 et que le choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient pèse sur l'activité.
Constat : les faits sont documentés. Vendredi 7 août, l'Insee a publié les chiffres du chômage pour le deuxième trimestre 2026 : le taux au sens du BIT atteint 8,3 % de la population active, en hausse de 0,2 point - le sixième trimestre consécutif de hausse, du jamais-vu depuis l'automne 2020. 2,7 millions de personnes sont au chômage, 62 000 de plus qu'au trimestre précédent, et 1,9 million de personnes supplémentaires « souhaitent un emploi » sans être comptées comme chômeurs (le « halo »). Aucune catégorie n'est épargnée : les 15-24 ans atteignent 21,6 % (+0,4 point), les 25-49 ans 7,5 % et les seniors 5,5 %. Les intentions de recrutement des entreprises pour 2026 ont reculé de 6,5 % selon France Travail, et l'économie française s'est rétractée en début d'année sous l'effet du choc pétrolier lié à la crise du détroit d'Ormuz.
Mais ces chiffres appellent une autre lecture, sans tabou. L'Insee lui-même le reconnaît : la mise en œuvre de la loi « plein-emploi » de janvier 2025 - inscription automatique des bénéficiaires du RSA et des jeunes de 15 à 29 ans sur les listes de France Travail - contribue « pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage ». Corrigé de ces changements de méthode, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A serait même en légère baisse. Autrement dit : l'État fixe les règles du comptage, puis communique sur les chiffres que ces règles produisent - il est à la fois juge et partie. Une source n'est pas une preuve : les statistiques officielles méritent d'être lues avec la même exigence que n'importe quelle autre source, en distinguant ce qui relève de la réalité du marché du travail et ce qui relève des effets de périmètre.
La question est donc posée au lecteur : 8,3 % - faut-il y voir la traduction mécanique d'une réforme comptable, ou le reflet d'une économie qui ralentit réellement, entre intentions d'embauche en berne et chocs extérieurs ? Et dans les deux cas : comment redonner à chacun une place dans la cité par un travail digne, quand la promesse du plein-emploi s'éloigne année après année ?
Proposition : traiter la cause racine, pas le symptôme - refonder la politique de l'emploi sur la production réelle et la souveraineté économique : 1) réindustrialiser par la commande publique conditionnée à une production française et européenne (santé, énergie, numérique), car c'est l'industrie qui crée les emplois stables et non délocalisables ; 2) planifier la formation professionnelle avec les branches et les territoires, pour former aux métiers réellement disponibles plutôt qu'aux filières saturées ; 3) renforcer le service public de l'emploi - accompagnement humain, pas seulement inscription administrative - pour que la réforme de 2025 ne se réduise pas à un jeu d'écriture statistique ; 4) soutenir les TPE et PME qui embauchent (allègements ciblés, énergie abordable, délais de paiement raccourcis) ; 5) ouvrir un vrai débat démocratique sur le partage du travail et le temps partiel subi, et rendre publics et compréhensibles les changements de méthode statistique - la confiance des citoyens dans les chiffres publics est un bien commun.
Face au chômage, la solidarité de proximité existe : des clubs de chercheurs d'emploi, animés par des bénévoles, organisent l'entraide entre demandeurs d'emploi d'un même quartier - relecture de CV, préparation aux entretiens, aide aux démarches. Les « jobs dating » organisés par France Travail et les communes permettent de rencontrer directement les employeurs locaux, et des associations comme le Réseau des parrains pour l'emploi proposent un parrainage individuel des jeunes et des seniors. Concrètement : participer aux événements de l'emploi de sa commune, rejoindre ou créer un club d'entraide, devenir parrain ou marraine d'une personne en recherche d'emploi, et soutenir les structures d'insertion par l'activité économique (achats solidaires, bénévolat). Redonner du lien autour de l'emploi, c'est déjà agir.
le taux de chômage de la France au deuxième trimestre 2026 selon l'Insee - son plus haut niveau depuis l'automne 2020, en hausse de 0,2 point sur trois mois. Chez les 15-24 ans, le taux atteint 21,6 %.
Le chômage n'est pas d'abord une statistique : c'est des journées qui s'étirent, des compétences qui s'étiolent, des dignités qui se fissurent. Derrière chaque dixième de point, il y a des visages, des familles, des vies à l'arrêt. Une société qui laisse une partie des siens sur le quai - et surtout ses jeunes - n'est pas seulement injuste : elle se prive de ce que ces femmes et ces hommes auraient pu bâtir. Le plein-emploi n'est pas une promesse électorale parmi d'autres : c'est le nom que nous donnons à l'idée que chacun a sa place, et que la République ne se contente pas de compter les sans-emploi - elle leur rend leur place.
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📚 Sources : Insee, Le Figaro, France Travail (Dares), TF1 Info, Midi Libre, EconomieMatin, RFI, La Croix, Le Dauphiné Libéré, France 24, franceinfo, Le Monde, Le Télégramme, Ouest-France