« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@
🔎 Focus : « Mobilisations du 15 septembre » : police, universités, énergie, un même appel à l'État
Ce mardi 15 septembre, plusieurs professions adressent en même temps leurs revendications à l'État. La police nationale, par le syndicat Alliance, manifeste à partir de 11 h 30 du rond-point des Champs-Élysées vers l'Assemblée nationale pour une revalorisation de la prime de risque, inchangée depuis 2019, et un budget supplémentaire estimé entre 300 et 500 millions d'euros par an. L'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche donne rendez-vous à 12 h 30 place Jussieu contre le « sous-financement chronique » . Les salariés de l'énergie font grève pour défendre leur tarif préférentiel, menacé après une mise en demeure de la Cour des comptes. La santé et l'action sociale dénoncent l'austérité, et une coalition citoyenne - syndicats de pompiers et d'infirmiers, étudiants, associations - réclame des moyens face au dérèglement climatique devant le ministère de l'Économie. Une même journée, un même constat : le sous-financement du service public, des salaires et des protections.
Le 15 septembre n'est pas un simple calendrier : c'est la photographie d'un rapport au service public devenu intenable. Police, énergie, université, santé : des métiers essentiels, aux statuts et aux urgences différents, convergent le même jour sur un même diagnostic - un État employeur qui paie mal, recrute peu et comprime les budgets. La prime de risque des policiers n'a pas été augmentée depuis 2019 ; le tarif préférentiel des électriciens et des gaziers est remis en cause sous la pression de la Cour des comptes ; les universités dénoncent un sous-financement chronique et une hausse des frais d'inscription pour les étudiants extracommunautaires. Deux lectures s'opposent : les syndicats y voient la preuve d'un désinvestissement de l'État dans ses propres agents ; l'exécutif, contraint par le cadrage du budget 2027 et les injonctions comptables, répond par des négociations à la marge. Une question se pose au lecteur : peut-on rétablir l'attractivité et la dignité des métiers du service public sans financer enfin leur revalorisation ? La proposition tient en un mot : le fond, pas la rustine. Plutôt que des primes ponctuelles négociées secteur par secteur, instaurer un pacte pluriannuel de revalorisation des agents publics - grilles indiciaires revalorisées, fin des sous-effectifs, embauches à la hauteur des besoins - adossé à un financement juste et souverain : élargissement de l'assiette de l'impôt aux grands émetteurs, lutte contre l'optimisation fiscale, réorientation des dépenses. C'est traiter la cause - le modèle de financement de l'État - et non le symptôme - une prime annuelle.
Illustration d'une mobilisation qui ne se limite pas aux syndicats : la coalition citoyenne « 15 septembre » , qui réunit syndicats de pompiers, d'infirmiers, d'étudiants, associations de défense de l'environnement et collectifs féministes, appelle à se rassembler pour « exiger des moyens face au dérèglement climatique » , en amont de l'examen du budget 2027. Ses neuf revendications sont une leçon de citoyenneté concrète : adapter les « logements bouilloires » , élaborer des plans « grand chaud » pour les personnes sans-abri, financer la prévention des incendies ou encore instaurer une taxe sur les plus gros pollueurs. Des mesures qui, si elles étaient retenues, pourraient renforcer les services publics et les aides d'urgence. En se rendant à un rassemblement, en interpellant un élu, en portant ces exigences chiffrées, chaque citoyen rappellerait que le budget n'est pas une affaire de spécialistes : c'est le lieu où une société choisit ce qu'elle protège.
C'est, en millions d'euros par an, le budget supplémentaire que la police nationale réclame à l'État pour « payer de manière adéquate » ses agents, selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, au coeur de la journée de mobilisation du 15 septembre. Un chiffre à replacer dans son contexte : la prime de risque des policiers n'a pas été revalorisée depuis 2019, et Alliance évalue à 300-500 millions d'euros l'effort annuel nécessaire, alors que le syndicat majoritaire se dit « à bout de souffle » après une rencontre jugée « décevante » avec le ministre de l'Intérieur.
Le 15 septembre rappelle une évidence que l'on préfère oublier : un pays ne tient que par celles et ceux qui le servent au quotidien - policières et policiers, électriciens, enseignants-chercheurs, soignants, agents de l'État. Les voir descendre le même jour dans la rue n'est ni un hasard ni un effet de mode : c'est un signal démocratique, celui d'une valeur du travail de service public devenue un enjeu politique central. On ne peut pas demander à ces métiers d'être disponibles, irréprochables et dévoués, et en même temps les traiter comme des postes budgétaires à comprimer. Réinterroger la fonction publique, c'est finalement nous demander ce que nous sommes prêts à financer ensemble - et ce que nous faisons quand celles et ceux qui nous protègent, nous soignent, nous éclairent et nous forment disent : « ça ne va plus. »
- Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, sur Europe 1, 15 septembre 2026
Mots clés : service public · salaires · mobilisation du 15 septembre · budget 2027 · prime de risque. Une phrase d'une sobriété radicale qui résume la colère d'une profession jugée indispensable et payée comme un poste de dépense. Au-delà de la police, elle raconte la trajectoire de tous les métiers du service public mobilisés ce jour-là : la reconnaissance ne se décrète pas dans les discours, elle se traduit en grilles, en effectifs et en budget. Alors que se prépare le budget 2027, la question est simple : où place-t-on réellement la valeur du travail au service de toutes et de tous ?
📚 Sources : Linternaute (14/09/2026), France info (15/09/2026), BFM TV (14/09/2026), Ouest-France (15/09/2026), Midi Libre (13/09/2026), Europe 1 (15/09/2026), La Nouvelle République (14/09/2026).