« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@
🔎 Focus : « Climat : 250 marches ce samedi pour l’action et la justice, après l’été le plus chaud jamais mesuré »
Samedi 26 septembre, des marches sont prévues dans environ 250 villes de France « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », à l’appel d’une large convergence d’organisations à laquelle s’associe notamment la Ligue des droits de l’Homme, après le rassemblement du 15 septembre à Paris - rassemblement à Nation dès 14 heures dans la capitale. La mobilisation intervient alors que l’été 2026 a été, selon Météo-France, le plus chaud jamais enregistré dans l’Hexagone, avec 24 °C de moyenne sur 24 heures entre juin et août, le record de 2003 battu de près d’un degré. Les signataires de l’appel du 26septembre.org demandent au président de la République un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation, tout en refusant que la bifurcation écologique se fasse « au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays ».
Le constat n’est plus contestable : l’été 2026 a été le plus chaud jamais mesuré en France, avec 90 % du territoire ayant dépassé au moins 35 °C et des villages incendiés comme en Gironde, tandis que la canicule a tué avant tout les plus précaires, les personnes âgées et celles qui travaillent dehors. Or, au moment où l’urgence s’accentue, les choix budgétaires semblent aller à contresens : le Fonds vert est passé de 2,5 milliards à 837 millions d’euros quand 6,7 milliards ont été ajoutés au seul budget des armées dans l’année, pendant que TotalEnergies encaissait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, en hausse de 102 % sur un an. Plutôt que de faire payer l’effort climatique aux plus modestes - « la fin du mois et la fin du monde sont le même combat » - la proposition serait de financer une bifurcation vraiment écologique et sociale : taxer les superprofits des énergies fossiles dès la loi de finances 2027 et mobiliser ces recettes pour la rénovation des logements, la protection des travailleurs de la chaleur et un service public de l’adaptation dans tous les territoires, plutôt que de continuer à subventionner un secteur qui finance aussi les guerres pour l’accès aux ressources.
La grande marche du 26 septembre est d’abord une action citoyenne de terrain : organisée localement dans des métropoles comme dans des bourgs, elle repose sur des collectifs, associations et syndicats qui convergent ville par ville - à la fois un rassemblement physique et un appel à signer le texte du 26septembre.org adressé au président de la République. Aux côtés de la LDH, qui rappelle que « l’action climatique et l’État de droit sont étroitement liés », les organisatrices et organisateurs insistent sur un point : la transition ne devrait pas être un impôt déguisé sur les classes populaires, mais un projet de protection collective - des écoles, crèches, hôpitaux où l’on ne meurt pas de chaud, un toit pour chacune et chacun, des moyens pour les secours. Participer à une marche locale, signer l’appel, ou simplement faire remonter les revendications dans sa commune, ce sont autant de manières concrètes de faire vivre cette démocratie environnementale revendiquée par les organisatrices et organisateurs.
C’est, en degrés Celsius, la température moyenne jour et nuit atteinte en France entre juin et août 2026, faisant de cet été le plus chaud jamais mesuré depuis 1900 selon le bilan de Météo-France - 24,0 °C de moyenne, contre 23,1 °C en 2003, un record battu de près d’un degré en une seule saison. Ce chiffre, qui dit l’urgence climatique vécue dès cet été, est aussi celui que la marche du 26 septembre entend faire entendre : il ne s’agit plus de prévoir l’avenir, mais de répondre présent à ce qui est déjà là.
Il y a, dans cette mobilisation du 26 septembre, une intuition politique juste : lutter contre le dérèglement climatique sans trahir la justice sociale, c’est refuser que les plus pauvres paient les pots cassés d’un modèle qu’ils n’ont pas choisi. Rappeler que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, c’est arracher la question écologique au camp des privilégiés et la restituer au plus grand nombre, là où elle devient une exigence de protection plutôt qu’une contrainte. Et quand la LDH relie l’action climatique à l’État de droit, elle désigne avec justesse l’enjeu démocratique du siècle : la défense des vivants, humains et non humains, et celle des libertés publiques avancent ensemble - ou ne tiennent pas. C’est tout le sens de cette journée de marches, qui place la démocratie au cœur de la réponse à l’urgence.
- Ligue des droits de l’Homme, communiqué « Appel à mobilisation climat du 26 septembre 2026 », Paris, 4 septembre 2026
Mots clés : Climat · mobilisation · 26 septembre · LDH · canicule · adaptation · superprofits fossiles · justice sociale · État de droit · démocratie. En posant la lutte pour le climat comme une affaire de droits humains, la LDH ne fait pas qu’élargir l’audience de la mobilisation : elle en change la nature. Il ne s’agit plus seulement d’une préférence écologique que l’on pourrait renvoyer à plus tard, mais d’une obligation à la hauteur des vies brisées par la canicule et des droits bafoués par l’inaction - une formulation qui oblige les pouvoirs publics à répondre, et pas seulement à compatir.
📚 Sources : Météo-France, « Bilan climatique de l’été 2026 (juin-juillet-août) », septembre 2026 (24,0 °C de moyenne, été le plus chaud depuis 1900, 40,1 °C le 13 août) ; Le Monde, « L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France », 3 septembre 2026 ; franceinfo, « L’été 2026 est le plus chaud jamais mesuré en France », 3 septembre 2026 ; LDH, « Appel à mobilisation climat du 26 septembre 2026 », 4 septembre 2026 ; 26septembre.org, « L’appel » (lettre ouverte au président, plans d’urgence/adaptation/atténuation, Fonds vert 2,5 Mds→ 837 M, TotalEnergies +102 %), septembre 2026 ; Reporterre, « Marches climat du 26 septembre », 26 septembre 2026 (environ 250 villes) ; Le Figaro, « Sébastien Lecornu dévoile son budget », 17 septembre 2026 (54 Mds) ; Le Monde, « L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis », 10 septembre 2026 ; Ouest-France / BFMTV, « environ 50 000 manifestants contre la présomption d’usage des armes », 20 septembre 2026 ; Ouest-France, « Les antennes de Radio France fortement perturbées », 14 septembre 2026 ; SNJ-CGT, « préavis de grève à Radio France », 16 septembre 2026.