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PoliActu du 25 octobre 2026 - Focus : « Acte II » : 410 000 manifestants, des cortèges globalement calmes, et un « acte III » déjà annoncé

« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@

🏆 Top 5 actualité du jour

  1. 🏛 Politique et démocratie : bilan de l'« acte II » contre la vie chère : 410 000 manifestants selon le gouvernement (800 000 d'après la CGT), près de 1 000 interpellations, des cortèges globalement calmes malgré des heurts à Paris, Lyon, Toulouse et Bordeaux, et confirmation d'un « acte III » des gilets jaunes le 31 octobre pour « la défense des libertés publiques » (24-25 octobre 2026).
  2. 🏛 Politique : congrès du Rassemblement national à Orléans : Jordan Bardella, seul candidat, est réélu président du parti avec 98,98 % des voix, pendant que Marine Le Pen tient dimanche 25 octobre son premier grand meeting de campagne présidentielle 2027 devant 10 000 militants, et qu'une manifestation anti-RN rassemble jusqu'à 26 000 personnes (24-25 octobre 2026).
  3. 🌍 International : Moyen-Orient : selon le New York Times, les armées américaine et israélienne ont élaboré des plans de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines, Téhéran redoutant des frappes imminentes (22-25 octobre 2026).
  4. 🌍 International : à neuf jours des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat sont en jeu, l'impopularité de Donald Trump et le coût de la vie alimentant la dynamique démocrate (octobre 2026).
  5. 🔢 Économie : l'agence Moody's maintient la note souveraine de la France à Aa3 avec perspective négative, alors que l'activité économique s'est contractée en octobre et que la dette publique atteint des records (23 octobre 2026).

🔎 Focus : « Acte II » : 410 000 manifestants, des cortèges globalement calmes, et un « acte III » déjà annoncé

Après une semaine de tension maximale, l'« acte II » de la fronde contre la vie chère s'est déroulé samedi 24 octobre dans un calme relatif : 410 000 manifestants recensés par le ministère de l'Intérieur (800 000 selon la CGT), près de 1 000 interpellations, des cortèges « globalement calmes » selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, malgré des heurts à Paris, Lyon, Toulouse et Bordeaux. Le dispositif massif - 70 000 forces de l'ordre, RAID, GIGN, BRI, blindés Centaure, engins lanceurs d'eau - a sans doute dissuadé une partie des débordements. Mais la crise est loin d'être refermée : les gilets jaunes ont confirmé un « acte III » le 31 octobre, cette fois pour « la défense des libertés publiques » et contre la « dérive autoritaire » du gouvernement. La question reste entière : la fermeté préventive a-t-elle contenu la violence, ou simplement déplacé une colère qui ne demande qu'à se rejouer ?

🔥 Un Constat, Une Proposition

D'un côté, le bilan officiel est celui d'une journée maîtrisée : 410 000 manifestants, des cortèges « globalement calmes » selon Laurent Nuñez, trois manifestants blessés dont un grièvement à la main à Clermont-Ferrand, et des dégradations en nette baisse par rapport au 17 octobre. Le dispositif hors norme - 70 000 policiers et gendarmes, soit 10 000 de plus que la semaine précédente, unités d'élite, blindés Centaure, 15 engins lanceurs d'eau - a sans doute joué son rôle de dissuasion. L'autre lecture, tout aussi documentée : près de 1 000 interpellations, plus du double du 17 octobre à la même heure (385), des heurts émaillant les cortèges de Paris, Lyon, Toulouse et Bordeaux, et surtout un droit de manifester encadré comme jamais - interdictions dans des dizaines de villes, itinéraire parisien imposé à la dernière minute, couvre-feux pour mineurs. La question démocratique, posée dans les deux sens, reste entière : la fermeté a-t-elle protégé les manifestants pacifiques et les commerçants, ou a-t-elle criminalisé une colère sociale que rien ne désarme, l'« acte III » du 31 octobre étant déjà annoncé ?

Proposition : une démarche systémique refuserait les deux caricatures - tout réprimer ou tout laisser passer - et traiterait la cause racine. Concrètement : garantir le droit de manifester, droit constitutionnel, sur des tracés concertés et stables avec les organisateurs, qui s'engageraient à encadrer leurs cortèges et à en écarter les casseurs ; concentrer la réponse pénale sur les auteurs de violences et de pillages, jamais sur la manifestation elle-même ; clarifier par la loi les conditions d'interdiction - critères objectifs, contrôle systématique du juge - pour que la liberté ne dépende ni des circulaires ni des humeurs ; et surtout ouvrir une sortie de crise : une conférence nationale sur la vie chère et le pouvoir d'achat, avec des mesures immédiates et vérifiables, et une commission d'enquête parlementaire sur les défaillances du maintien de l'ordre. Recevoir syndicats et lycéens ne suffira que si des actes suivent ; sinon, la rue restera le seul lieu où se fera entendre une colère que les institutions n'auront pas su écouter.

💪 Une action citoyenne

Les citoyens n'abandonnent à personne le monopole de la contestation, et la société civile a investi tous les terrains ce week-end. Devant les tribunaux : plusieurs organisations ont contesté les arrêtés d'interdiction devant les tribunaux administratifs, à l'image des recours déposés contre le changement d'itinéraire du cortège parisien. Dans la rue : des collectifs de lycéens, d'étudiants, de parents et de gilets jaunes se coordonnent ville par ville pour des parcours pacifiques, et préparent déjà l'« acte III » du 31 octobre. Et au-delà des frontières, la vigilance citoyenne s'organise : à Orléans, une manifestation anti-RN a rassemblé jusqu'à 26 000 personnes selon les organisateurs, en présence de Sophie Binet (CGT), Olivier Faure (PS) et Clémentine Autain, rappelant que la défense des libertés ne se limite pas à la vie chère. Chacun, à son échelle, peut refuser la manipulation des deux bords : vérifier images et vidéos avant de les partager, exiger de l'État la protection de tous - manifestants comme commerçants - et des organisateurs l'écart des casseurs.

🔢 Le Chiffre

410 000

manifestants recensés samedi 24 octobre par le ministère de l'Intérieur (800 000 selon la CGT), contre environ 530 000 à 800 000 une semaine plus tôt. Un chiffre qui dit à la fois la persistance de la mobilisation sociale et le relatif apaisement de cette deuxième journée, marquée par près de 1 000 interpellations - plus du double du 17 octobre à la même heure (385) - mais des cortèges « globalement calmes » selon le ministre de l'Intérieur.

💭 Une pensée

La réussite d'une manifestation ne se mesure pas qu'au nombre de ses participants, mais à ce que l'État en fait. Samedi, la France a montré deux visages : celui d'une mobilisation qui se maintient - 410 000 personnes dans la rue malgré les interdictions - et celui d'un pouvoir qui, pour la contenir, a mobilisé 70 000 hommes et restreint un droit constitutionnel. On peut saluer un bilan moins violent que redouté, mais c'est une victoire fragile : quand on répond à la colère par des couvre-feux et des itinéraires imposés, on ne désarme pas la colère, on la déplace. L'« acte III » annoncé pour le 31 octobre le rappelle : la rue ne se dissout pas dans les arrêtés préfectoraux. Une démocratie qui se protège en limitant la liberté de ceux qui n'ont que leur présence dans l'espace public pour se faire entendre gagne peut-être un week-end de calme, mais elle perd quelque chose d'essentiel : la certitude que la contestation est légitime et qu'elle sera entendue. La vraie question n'est pas de savoir comment empêcher la prochaine manifestation, mais comment rendre la prochaine manifestation inutile.

📖 Les mots qui comptent

« Les cortèges se sont bien passés, mais il y a eu des casseurs qui ont semé la violence et la désolation. »

- Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, lors d'un point presse, 24 octobre 2026

Mots clés : droit de manifester · maintien de l'ordre · vie chère · libertés publiques · acte III. La formule du ministre de l'Intérieur résume à elle seule l'ambiguïté de la journée : un satisfecit officiel - « les cortèges se sont bien passés » - immédiatement tempéré par la dénonciation des « casseurs » qui auraient « semé la violence ». Elle dit la volonté du gouvernement de distinguer la masse des manifestants des fauteurs de trouble, mais aussi la difficulté, après une semaine d'interdictions et de couvre-feux, à faire entendre une parole apaisée. Car le mot d'ordre des gilets jaunes pour l'« acte III » n'est plus seulement la vie chère : c'est « la défense des libertés publiques » et la dénonciation d'une « dérive autoritaire ». Quand le débat glisse du pouvoir d'achat vers la nature même du régime, c'est que la crise sociale est devenue une crise de confiance dans les institutions.

📚 Sources : Les Echos, « Mobilisations du 24 octobre : un millier d'interpellations mais des cortèges calmes », 24 octobre 2026 ; Ouest-France, « Manifestations : des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées dans un contexte tendu », 24 octobre 2026 ; ICI, « Mobilisation du 24 octobre : 410 000 manifestants en France selon le gouvernement, 800 000 d'après la CGT », 24 octobre 2026 ; 20 Minutes, « Manifestation du 24 octobre : Laurent Nuñez dénonce un \"niveau de violence extrêmement élevé\", plus de 1000 interpellations », 24 octobre 2026 ; TF1 Info, « Mobilisation sociale : près de 1.000 interpellations, deux personnes grièvement blessées... le résumé du 24 octobre », 24 octobre 2026 ; Le Parisien, « Les Gilets jaunes confirment une nouvelle mobilisation le 31 octobre, un acte III pour dénoncer la \"dérive autoritaire\" du gouvernement », 24 octobre 2026 ; Capital/AFP, « Les Gilets jaunes fixent un acte III au samedi 31 octobre », 24 octobre 2026 ; Le Monde, « Au congrès du RN à Orléans, Jordan Bardella, seul candidat à sa succession, est réélu président du parti avec 98,98 % des voix », 24 octobre 2026 ; Courrier picard, « Présidentielle 2027 : premier meeting de Marine Le Pen à Orléans », 23 octobre 2026 ; France 24, « Les États-Unis et Israël prévoient de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections », 22 octobre 2026 ; Radio-Canada, « Élections de mi-mandat aux États-Unis 2026 », octobre 2026 ; Le Monde, « L'agence Moody's maintient la note souveraine de la France à Aa3, mais y assortit une perspective négative », 23 octobre 2026.

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Responsable de publication : Stéphane Bernard