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🔎 Focus : « PISA 2025 » : des scores au plus bas depuis 2000, le « déclinisme » s’invite au cœur de la campagne présidentielle
Depuis la publication des résultats PISA 2025 par l’OCDE, mardi 8 septembre, la question scolaire s’est imposée au cœur du débat public. La France y enregistre ses plus mauvais résultats depuis la création du classement : en mathématiques, en lecture comme en sciences, les élèves de 15 ans n’ont jamais été aussi bas depuis 2000, avec une chute de 16 points en maths en trois ans, deux fois plus rapide que la moyenne de l’OCDE, qui fait passer le pays sous la moyenne des pays membres. Si le recul est mondial, le cas français frappe par son ampleur et sa rapidité, et le récit du « déclinisme » resurgit avec force dans une campagne présidentielle déjà très disputée : Olivier Faure assure qu’« il n’y a aucune fatalité », quand Gabriel Attal évoque « un décrochage de notre pays ».
Le constat est d’abord celui d’un récit imposé : la question scolaire est réduite à une compétition de classements et à un discours de « déclin » instrumentalisé à des fins électorales, tandis que la responsabilité est renvoyée sur les parents - « tu peux demander à ChatGPT » - , les écrans ou les enseignants, sans jamais interroger les causes profondes. Or celles-ci sont systémiques : des inégalités scolaires massives et croissantes, une formation et une attractivité du métier d’enseignant en berne, des moyens en recul, et une société qui transmet de moins en moins la capacité à lire, à compter, à raisonner par soi-même. La proposition ? Refonder l’école comme bien commun et outil de souveraineté, plutôt que comme un palmarès : revaloriser massivement le métier d’enseignant - rémunération, formation, conditions de travail - , réguler réellement les usages numériques en classe et au domicile, et réinvestir dans un socle commun qui apprenne à penser, pour que chaque enfant soit formé à la citoyenneté et à l’autonomie, au lieu d’être laissé aux logiques de marché et aux assistants numériques.
Face à ce constat, des collectifs de parents et d’enseignants expérimentent déjà une autre école : des « alliances éducatives » locales qui réuniraient familles, enseignants et associations autour du soutien scolaire, des débats ouverts sur l’usage des écrans à la maison, ou des « cafés des parents » organisés dans les établissements. Ces initiatives pourraient se multiplier à l’approche des primaires et de la présidentielle, afin d’exiger de chaque candidat un projet scolaire concret : revalorisation des enseignants, classes à effectifs réduits, régulation du numérique à l’école. Elles rappelleraient que la réussite éducative n’est pas une affaire réservée aux ministères : chaque parent peut s’impliquer dans son établissement, accompagner la scolarité de ses enfants sans dépendre d’un assistant numérique, participer aux élections des conseils d’école et interpeller les candidats sur le sort qu’ils réservent à l’école publique. C’est en s’emparant de l’école que les citoyens la referont.
C’est la chute enregistrée par la France en mathématiques aux évaluations PISA 2025 par rapport à 2022, deux fois plus rapide que la moyenne de l’OCDE. En lecture comme en mathématiques, les scores des élèves français de 15 ans sont leurs plus bas jamais mesurés depuis 2000, et le pays passe sous la moyenne des pays membres. Derrière cette arithmétique, une réalité politique : les inégalités scolaires se creusent, la formation et l’attractivité du métier d’enseignant interrogent, et l’école - pilier de la transmission républicaine - se retrouve au cœur d’une campagne présidentielle où le récit « décliniste » menace de remplacer le débat de fond.
Le débat scolaire qui s’ouvre porte en lui un paradoxe à méditer : le moment où une nation est censée se projeter est précisément celui où elle se regarde dans le rétroviseur, oscillant entre fatalisme « décliniste » et déni. On compare des chiffres, on désigne des coupables - parents, écrans, syndicats - , mais on évite la vraie question : que voulons-nous transmettre, et à qui ? Une école en crise n’est pas d’abord une baisse de classement, c’est une société qui doute d’elle-même et de sa capacité à élever ses enfants. Le « déclinisme » est une prophétie qui se réalise quand on cesse d’investir ; il se conjure par la conviction que l’éducation est la première des souverainetés. Que cette campagne présidentielle soit l’occasion d’un vrai débat de fond sur l’école, plutôt qu’un simple argument électoral de plus.
- Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, en réaction aux résultats PISA 2025, septembre 2026
Mots clés : PISA · école · déclinisme · inégalités scolaires · formation des enseignants · usages numériques · présidentielle 2027. Cette formule, prononcée après la publication des résultats PISA 2025, rappelle que la baisse des performances scolaires - si elle est réelle et mesurée - n’est pas une fatalité : elle résulte de choix politiques, de moyens, de formation, d’attention portée aux plus fragiles, et peut donc être inversée. Mais elle doit aussi servir de garde-fou contre deux écueils : le déni qui refuse de voir le recul, et le récit « décliniste » qui en fait une condamnation sans appel et s’en sert comme d’un argument de campagne. Entre l’un et l’autre, il y a la politique : celle qui redonne à l’école publique les moyens de sa mission.
📚 Sources : L’Indépendant, Le Monde, franceinfo, CIDJ, Échos Plus, France Inter, Le Parisien, 20 Minutes, Boursorama (septembre 2026).