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PoliActu du 12 septembre 2026 - Focus : « Budget 2027 » : croissance rabotée à 0,5 %, « nous n’avons plus de gras »

« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@

🏆 Top 5 actualité du jour

  1. Budget 2027 sous tension : le gouvernement de Sébastien Lecornu abaisse pour la troisième fois de l’année sa prévision de croissance 2026, à 0,5 %, contre 1 % espéré en début d’année, et annonce un déficit public « supérieur à 5 % » du PIB, alors que les premières pistes d’économie visent les retraites. - 💰 Économie et Finances
  2. Présidentielle 2027 : Marine Le Pen fait sa rentrée politique à Hénin-Beaumont ce week-end, avec l’objectif de « rectifier un début de campagne sinueux », pendant qu’à gauche les primaires se resserrent et qu’au centre et à droite Édouard Philippe et Gabriel Attal se répondent sur le calendrier d’arrivée au pouvoir. - 🏛️ Politique et Démocratie
  3. Pouvoir d’achat : face à la flambée des prix des carburants, le communiste Fabien Roussel appelle les Français à « se mobiliser sur les ronds-points », à l’image des gilets jaunes de 2018, et demande une baisse de la TVA et la suppression des certificats d’économie d’énergie. - 💰 Économie et Société
  4. Médias et information : sous le coup d’un arrêté d’expulsion du territoire et d’un gel de ses avoirs pour « atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État », la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova pourrait reprendre l’antenne sur CNews, ce qui « afflige » le ministre Jean-Noël Barrot. - 📺 Médias et Information
  5. Climat : une nouvelle poussée de chaleur gagne la France en cette mi-septembre, avec des températures qui pourraient approcher 35 °C ce week-end sous l’effet d’un « dôme de chaleur » remontant du nord de l’Afrique, dans un contexte de sécheresse durable. - 🌍️ Environnement et Climat

🔎 Focus : « Budget 2027 » : croissance rabotée à 0,5 %, « nous n’avons plus de gras »

Vendredi 11 septembre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a présenté « l’acte 1 de la séquence budgétaire » : pour la troisième fois de l’année, la prévision de croissance française est revue à la baisse, à 0,5 % pour 2026 - contre 1 % inscrit dans la loi de finances - , et le déficit public sera « supérieur à 5 % » du PIB, la cible de 5 % n’étant « plus une option ». Pour 2027, Matignon table sur un rebond à 1 %, mais prévient que les marges de manœuvre sont nulles : « nous n’avons plus de gras ». L’Insee, plus pessimiste, ramène sa prévision à 0,4 % et évoque un « décrochage » par rapport aux voisins européens, imputable notamment au climat - sécheresse, canicules - et à la fermeture du détroit d’Ormuz. Les premières pistes d’économies visent les retraites - gel, sous-indexation ou suppression de l’abattement de 10 % - , tandis que le Premier ministre promet aux grandes entreprises une baisse de leur surtaxe exceptionnelle. Projet de budget 2027 présenté le 30 septembre.

🔥 Un constat, une proposition

Le constat est celui d’un récit, plus que d’une fatalité : la croissance prévue a été divisée par deux, sous l’effet de chocs internationaux - fermeture du détroit d’Ormuz, aléas climatiques - et politiques, mais le premier effort demandé aux Français vise les retraites des ménages pendant que les grandes entreprises se voient annoncer une baisse de leur surtaxe exceptionnelle. Le discours du « nous n’avons plus de gras » présente la pénurie comme une loi naturelle, alors qu’elle résulte de choix fiscaux - niches, optimisation, richesse concentrée que l’on épargne - plus que d’une insuffisance de richesses produites. La proposition ? Plutôt que de tailler dans les pensions, les services publics et les salaires, refonder le financement de l’État et de la protection sociale sur la justice fiscale : taxer réellement les superprofits et les grandes fortunes, mettre fin aux niches et à l’évasion, réindustrialiser et investir dans la transition énergétique comme source de croissance. Décider souverainement et démocratiquement des priorités budgétaires - école, santé, climat - plutôt que de subir le récit de l’austérité comme une contrainte incontournable.

💪 Une action citoyenne

Face à cette séquence, des mobilisations se dessinent déjà : Fabien Roussel appelle à « se mobiliser sur les ronds-points » contre le coût de l’énergie, tandis que les syndicats dénoncent une « politique d’austérité ». En complément, des collectifs citoyens pourraient organiser des « conventions locales sur le budget » ou étendre les budgets participatifs ; des pétitions et des audits citoyens des comptes publics pourraient exiger la transparence et une véritable justice fiscale ; et chacun pourrait interpeller les candidats à la présidentielle 2027 sur leurs priorités budgétaires - retraites, services publics, répartition des richesses. Ces initiatives rappelleraient que la répartition de l’argent public n’est pas une affaire réservée aux ministères : c’est en s’emparant des choix budgétaires, en exigeant des comptes clairs et en débattant publiquement des priorités, que les citoyens reprennent la main sur le récit de la pénurie.

🔢 Le Chiffre

0,5 %

C’est la croissance prévue par le gouvernement pour 2026, contre 1 % espéré en début d’année : un chiffre divisé par deux après trois révisions à la baisse. Conjugué à un déficit public attendu « supérieur à 5 % » du PIB - contre 5,1 % en 2025 - , il illustre le cadre d’une séquence budgétaire présentée comme une contrainte absolue. L’Insee, encore plus pessimiste, ramène sa propre prévision à 0,4 %, évoquant un « décrochage » de l’économie française par rapport à ses voisins européens.

💭 Une pensée

Il y a dans la formule « nous n’avons plus de gras » un aveu à méditer : on pilote une nation comme on gère un ménage à découvert, et l’on présente la rigueur comme une évidence, quand elle est d’abord un choix de répartition. Une croissance au point mort, un déficit qui dépasse 5 % du PIB ne se résument pas à une question de comptes : ils racontent la fin d’un modèle qui a concentré la richesse, sous-investi l’industrie, l’école et le climat, et nourri le ressentiment que l’extrême droite sait capter. L’austérité sans vision ne réduit pas seulement le déficit ; elle dessèche ce qui fait la capacité d’une nation à rebondir. La vraie question budgétaire n’est pas combien on dépense, mais qui finance quoi, et au profit de quel avenir - et c’est une question que la démocratie doit trancher, pas seulement Bercy.

📖 Les mots qui comptent

« Nous sommes dans un cadre budgétaire contraint. Pour le dire simplement, nous n’avons plus de gras. »

- Roland Lescure, ministre de l’Économie, conférence de presse de présentation de la séquence budgétaire, 11 septembre 2026

Mots clés : budget 2027 · croissance · déficit public · retraites · justice fiscale · services publics · présidentielle 2027. Cette formule, prononcée pour annoncer une nouvelle dégradation des comptes publics, résume à elle seule le cadre imposé : la pénurie y est présentée comme un état de fait contre lequel il n’y aurait qu’à « serrer la ceinture ». Mais elle mérite d’être retournée : si l’État n’a « plus de gras », c’est aussi que les choix fiscaux successifs ont fait fondre ses marges - niches, exonérations, richesse concentrée - , et que le débat public doit porter sur la répartition de la richesse autant que sur le niveau de dépense, dans une campagne présidentielle où l’austérité servira d’argument.

📚 Sources : Le JDD, TF1 Info, TV5MONDE, La Tribune, Public Sénat, Le Figaro, La Dépêche, Ouest-France, Liberation (septembre 2026).

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Responsable de publication : Stéphane Bernard