« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@
🔎 Focus : « Présidentielle 2027 » : la gauche se rassemble à la Fête de l’Humanité, la campagne s’emballe
Ce week-end, la Fête de l’Humanité, à Plessis-Pâté (Essonne), a pris un tour résolument présidentiel. Fabien Roussel, candidat communiste, y a appelé les Français « à passer à l’action maintenant », quand Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, plaidait pour une « échelle mobile des salaires » : « ajuster les salaires sur le niveau d’augmentation de la cherté de la vie ». Le leader insoumis, qui « ne ferme pas la porte aux autres partis de gauche », s’est invité au cœur du grand rendez-vous de la gauche communiste. Pendant ce temps, Gabriel Attal a critiqué Édouard Philippe, Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, faisait campagne sur une « radicalité raisonnable » et un « big bang constitutionnel », et Édouard Philippe défendait sa « tortue » contre les « lièvres ». Le premier tour est fixé au 18 avril 2027 : primaires à gauche, tractations à droite et au centre, la campagne entre dans le vif.
Le constat est celui d’une campagne qui s’emballe sans pour autant se rouvrir aux citoyens : à gauche, l’éclatement persiste entre des primaires concurrentes et des candidatures qui se dessinent parfois hors cadre ; à droite et au centre, le débat se résume à une lutte de personnes, portée par des médias très concentrés qui transforment l’élection en spectacle plutôt qu’en confrontation de projets. La Fête de l’Humanité, rendez-vous populaire, rappelle pourtant l’attente d’un débat de fond. La proposition ? Refonder la séquence en redonnant la main au peuple : primaires réellement ouvertes, débats thématiques contradictoires obligatoires - pouvoir d’achat, retraites, services publics, climat - , assemblées citoyennes et engagements écrits des candidats. Souverainement, c’est-à-dire en refusant de laisser des états-majors, des communicants et des concentrés de richesse décider seuls de l’avenir commun.
Face à une campagne qui pourrait se jouer loin d’eux, des collectifs citoyens pourraient organiser des « primaires ouvertes » dans les circonscriptions et des débats publics contradictoires en présence des candidats ; ils pourraient publier des « livrets citoyens » d’évaluation des programmes et exiger des engagements écrits sur les priorités du quotidien - retraites, pouvoir d’achat, services publics, paix ; des assemblées citoyennes pourraient, comme sur d’autres sujets, éclairer les choix. Ces initiatives rappelleraient que l’élection présidentielle n’est pas une affaire réservée aux partis et aux plateaux télé : c’est le moment où la souveraineté du peuple doit s’exercer, et qu’il ne faut pas la laisser se réduire au nom d’une poignée de têtes d’affiche.
C’est, en mois, le délai qui nous sépare de l’élection présidentielle : le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Un calendrier court, où s’entremêlent primaires à gauche et tractations à droite et au centre, et où le poids du scrutin de 2027 se fera sentir sur chaque décision prise d’ici là - des retraites aux finances publiques. La campagne est déjà partout : reste à savoir si elle redeviendra un débat de fond face aux citoyens.
Il y a une forme de vertige à voir une campagne présidentielle se jouer d’abord dans les réunions partisanes et les plateaux, comme si l’avenir du pays se décidait loin des citoyens. La Fête de l’Humanité, elle, ramène la politique à ses fondamentaux : des corps, des débats, des liens réels, plutôt que des algorithmes. À quelques mois du scrutin, la vraie question n’est pas seulement de savoir qui l’emportera, mais si le débat retrouvera le fond - le pouvoir d’achat, les retraites, les services publics, la paix - que la concentration des médias et la personnalisation tendent à étouffer. Une élection n’est pas un spectacle à subir : c’est un moment de vérité collective, à reconquérir.
- Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle, à la Fête de l’Humanité, 12 septembre 2026
Mots clés : présidentielle 2027 · échelle mobile des salaires · pouvoir d’achat · Fête de l’Humanité · démocratie · primaires · campagne. La proposition de Mélenchon répond à une angoisse concrète - la cherté de la vie - que toutes les forces se disputent cette rentrée. Elle illustre une campagne où le pouvoir d’achat s’impose comme l’enjeu central, au moment où le gouvernement, de son côté, cherche plusieurs dizaines de milliards d’économies en évoquant la désindexation des retraites. Deux réponses au même constat, portées par des lectures opposées de la répartition des richesses : c’est précisément ce que le débat public devrait confronter, face aux citoyens.
📚 Sources : Le Monde (12-13/09/2026), BFMTV (11-12/09/2026), Le Figaro (12/09/2026), franceinfo (13/09/2026), The Guardian (13/09/2026), AFP - TV5MONDE (13/09/2026), RFI (septembre 2026).