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PoliActu du 23 septembre 2026 - Focus : « France Télévisions : la grève ne doit pas masquer un service public à réformer, pas à sauver tel quel »

« Un Constat, une Proposition ! » - PoliActu du PoliMedi@

🏆 Top 5 actualité du jour

  1. 🏛️ Politique et Démocratie : France Télévisions en grève ce mercredi 23 septembre, de 14 h à minuit, avec un rassemblement à 17 h devant le ministère de la Culture, pour dénoncer la « casse budgétaire » du groupe public et réclamer un financement pluriannuel de l'audiovisuel public
  2. 💶 Économie et Société : le prix du gazole atteint un record absolu à 2,41 € le litre et le gouvernement de Sébastien Lecornu annonce, mardi 22 septembre, 450 millions d'euros d'aides ciblées et une « règle d'or » pour restituer à la pompe les surplus de TVA générés par la hausse
  3. ⚖️ Politique et Démocratie : le Premier ministre Sébastien Lecornu engage la responsabilité du gouvernement (49.3) pour faire adopter le budget 2026 après plus de 350 heures de débat parlementaire, La France insoumise et le Rassemblement national annonçant chacun une motion de censure
  4. 🏫 Éducation : les résultats de l'enquête PISA 2025 s'établissent au plus bas depuis 2000 pour les élèves français de 15 ans, relançant le thème du « déclin français » au cœur de la campagne présidentielle de 2027
  5. 🌍 International et Europe : à l'Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump affirme devoir choisir entre « anéantir » l'Iran ou passer un « accord », tandis que la crise du détroit d'Ormuz pousse la France à plancher sur une résolution du Conseil de sécurité

🔎 Focus : « Défendre le pluralisme, oui - mais ne pas sacraliser un service public qui cumule sureffectif, salaires dorés et frais non maîtrisés, alors même que sa part dans le budget de l'État reste dérisoire »

Un préavis de grève intersyndical (CGT, CFDT, FO et SNJ) court ce mercredi 23 septembre de 14 h à minuit, avec un rassemblement à 17 h devant le ministère de la Culture. Le conflit oppose aux économies demandées (150 M€ en 2026, 90 M€ prévus en 2027) la défense du financement de l'audiovisuel public. Mais ce chiffre brut exige d'être mis en perspective : le financement public de l'audiovisuel représente près de 3,9 milliards d'euros par an, dont environ 2,4 milliards pour la seule France Télévisions - les coupes évoquées en représentent donc moins de 5 %. Dans le même temps, la Cour des comptes, dans un rapport rendu public le 23 septembre 2025, avait déjà dressé un constat sévère de la gestion du groupe : déficit net de 81 M€, masse salariale qualifiée d'incontrôlable, rémunérations de cadres cumulant plusieurs emplois, 46 M€ de frais de déplacements et réceptions en 2024 dont 3,8 M€ de taxis. Le débat sur le pluralisme, lui, ne se joue pas seulement dans l'exigence de financement : l'Arcom a mis en demeure Radio France de respecter ses obligations en la matière, et la question de l'entrisme, de la politisation et de la certification du pluralisme au sein du service public est au cœur des commissions d'enquête parlementaires. Posons donc le débat des deux côtés à la fois, sans tabou : peut-on à la fois vouloir un service public fort, et exiger qu'il se réforme - pluralisme interne, gestion, salaires, frais ?

🔥 Un constat, une proposition

Il faut refuser les deux caricatures. D'un côté, faire de France Télévisions un totem intouchable au nom du bien commun, c'est fermer les yeux sur ce que la Cour des comptes elle-même pointait dès le 23 septembre 2025 : déficit net de 81 M€, masse salariale jugée incontrôlable par un système social figé depuis 2013 qui empêche la polyvalence, rémunérations « étonnantes » pour des cadres cumulant plusieurs emplois, 46 M€ de frais de déplacements et réceptions en 2024 dont 3,8 M€ de taxis, 53 véhicules de fonction - alors même que chaque économie pèsera sur l'emploi et les antennes régionales. De l'autre, faire des économies un prétexte pour démanteler le seul acteur financé sur fonds publics, c'est ignorer le reste du tableau : le pluralisme ne sort jamais gagnant d'une information livrée à la seule loi du marché et des grands groupes privés, et l'Arcom a d'ailleurs dû mettre en demeure Radio France de respecter ses propres obligations de pluralisme. La vraie cause racine n'est donc ni « le service public » ni « l'austérité » : c'est le refus d'une gestion responsable et d'un pluralisme certifié, qui transforme un outil majeur de la démocratie en angle mort comptable.

Traiter cette cause racine, c'est exiger des deux côtés la même rigueur. Garantir par la loi un financement pluriannuel, pérenne et prévisible, indexé sur les missions, afin qu'aucun gouvernement ne puisse arbitrer la liberté d'information au nom d'un budget annuel. Et, en contrepartie stricte, imposer une gouvernance, un contrôle et une reddition des comptes rigoureux : revue annuelle des rémunérations (y compris celles des cadres cumulant plusieurs emplois), audit indépendant des frais, suppression des avantages acquis inutiles, et surtout certification du pluralisme des antennes par une autorité indépendante, sous peine de sanctions réelles. Un service public qui rend des comptes sur son argent et sur la diversité de ses voix a toutes les raisons d'être défendu - c'est celui-là qu'il faut vouloir.

💪 Une action citoyenne

Les citoyens ne sont pas condamnés à choisir entre subir des coupes et défendre l'immobilisme. Alors que la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public s'est tenue en mai 2026 et que le rapport de la Cour des comptes (septembre 2025) est public, chacun peut exiger un débat contradictoire et documenté : interpeller ses députés avant la discussion du budget pour demander à la fois le maintien d'un financement public pluriannuel et une vraie réforme - audit public des rémunérations et des frais, certification indépendante du pluralisme des antennes. La grève de ce mercredi est un levier, mais elle gagnerait à être portée par des propositions concrètes de réforme plutôt que par la seule défense de l'existant. Écouter, faire vivre les médias de service public, et surtout questionner leur indépendance réelle comme leur gestion : c'est rendre plus difficile à la fois le démantèlement silencieux et l'opacité qui nourrit les deux rejets.

🔢 Le Chiffre

3,9

C'est, en milliards d'euros, le montant du financement public annuel de l'audiovisuel français (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte, INA, TV5 Monde) selon le budget 2026 - dont environ 2,4 milliards pour la seule France Télévisions. Face à lui, les économies demandées (86 M€ en 2026, 90 M€ évoqués pour 2027) représentent moins de 5 % du total : la question n'est donc pas tant le montant que la valeur donnée à cet argent - car ce même budget abrite, selon la Cour des comptes (2025), 81 M€ de déficit et 46 M€ de frais de déplacements et réceptions.

💭 Une pensée

Défendre le service public ne signifie pas défendre chacune de ses pratiques. Le scandale serait de se croire obligé de choisir entre un audiovisuel public intouchable, qui ne rend de comptes à personne et où le pluralisme interne se discute, et un audiovisuel public sacrifié au nom de la seule rigueur budgétaire. Or ce sont bien les deux manquements qui affaiblissent la confiance : d'un côté des salaires et des frais qui nourrissent le rejet, de l'autre une certification du pluralisme défaillante qui alimente le soupçon d'entrisme. Une démocratie a besoin d'une information indépendante - mais l'indépendance ne se décrète pas, elle se prouve : par des rémunérations maîtrisées, des frais justifiés et des antennes où toutes les voix peuvent réellement s'exprimer. Vouloir le service public, c'est donc exiger de lui ce qu'on n'ose demander à personne d'autre : l'exemplarité.

📖 Les mots qui comptent

« Sans action de l'État avant la fin 2026, le groupe pourrait encourir la dissolution. »

- Cour des comptes, rapport sur la situation financière de France Télévisions, 23 septembre 2025

Mots clés : audiovisuel public · pluralisme · sureffectif · masse salariale · salaires · frais de fonctionnement · entrisme · réforme · reddition des comptes. Ce rapport public depuis septembre 2025, rappelé à l'occasion de la grève, reste sans appel sur la gestion : déficit, masse salariale incontrôlable, avantages acquis. Mais il ne dit pas qu'il faut supprimer France Télévisions - il dit qu'il faut la réformer en profondeur. Un audiovisuel public qui continue de dépenser sans contrôle tout en réclamant plus d'argent nourrit précisément les deux rejets que la démocratie redoute : celui qui veut le démanteler, et celui qui veut tout garder en l'état. La vraie bataille n'est pas entre le public et le privé, mais entre l'opacité et la responsabilité.

📚 Sources : Cour des comptes, rapport France Télévisions (23/09/2025) ; Le Monde (27/01/2026, budget audiovisuel public 3,9 Mds et régime sévère) ; Libération (26/01/2026, budget France Télévisions 2,4 Mds, coupe 80,2 M€) ; parlons-politique.fr (2026, 86 M€ de coupes via le 49.3) ; OJIM (sept. 2025, 46 M€ de frais, 3,8 M€ de taxis, rémunérations) ; RMC/BFMTV (2025-2026, salaires, cumuls) ; Europe 1 (mars 2026, transparence financière) ; Assemblée nationale (q. 16133, 2026, Arcom met en demeure Radio France sur le pluralisme) ; Le Figaro (19-20/09/2026, affaire Charles Sapin / France Inter) ; France Inter (mai 2026, audition Sibyle Veil devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public) ; presseagence.fr (18/09/2026, intersyndical).

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Responsable de publication : Stéphane Bernard