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🔎 Focus : Incendies - Le Var en feu, la France à l'épreuve de la prévention
Samedi 1er août, la reprise du feu du Gros Bessillon, dans le Var, a parcouru 1 850 hectares en une seule journée, attisée par le mistral : 2 500 personnes ont été évacuées et 1 300 pompiers mobilisés, avant que l'incendie ne soit stabilisé en soirée - sans être fixé. Le même jour, en Gironde, le mégafeu de 42 000 hectares était déclaré « fixé », mais la préfète Sophie Brocas prévenait : « feu fixé ne veut pas dire feu éteint », avec deux points chauds encore actifs, tandis que plus de 200 000 évacués regagnaient leur domicile. Dans ce contexte, le débat sur les moyens fait rage : le député LFI Hadrien Clouet dénonce « un scandale d'État » et réclame une session extraordinaire de l'Assemblée nationale, affirmant que « quatre jours d'ISF suffiraient à financer deux Canadair ». Le calcul est exact, confirme franceinfo : l'ISF rapportait 5,067 milliards d'euros en 2017, soit environ 56 millions sur quatre jours, pour 52 millions d'annulations budgétaires décidées en 2024. Mais la vraie fragilité n'est pas qu'arithmétique : l'Europe ne fabrique aucun bombardier d'eau, le constructeur canadien De Havilland est en position de monopole, et les deux Canadair commandés en 2024 ne seront livrés qu'en 2028.
Proposition : Augmenter le budget des pompiers ou louer des avions chaque été, c'est traiter le symptôme : la cause, c'est une stratégie qui subit le feu au lieu de le prévenir, et une dépendance industrielle qui fait attendre des années des moyens pourtant vitaux. Trois piliers pour une réponse systémique et souveraine. D'abord, la souveraineté des moyens : la protection civile est un bien commun - la France et l'Europe doivent produire et posséder leurs bombardiers d'eau, avec une filière industrielle européenne, pour ne plus dépendre d'un monopole étranger ni des locations de dernière minute. Ensuite, traiter la cause à la racine : le feu se gagne avant l'été - débroussaillement obligatoire et réellement contrôlé, forêts en mosaïque plutôt que monocultures résineuses, pastoralisme entretenu, urbanisme qui n'étend plus les zones vulnérables, et une politique climatique qui s'attaque à ce qui rend les feux extrêmes. Enfin, responsabiliser sans assister : éducation au risque, signalement et sanctions à la hauteur pour les départs de feu volontaires - déjà 328 personnes interpellées depuis le début de l'année, selon La Dépêche - et soutien aux communes et aux bénévoles qui font vivre la prévention au quotidien. Une nation qui attend que ses forêts brûlent pour compter ses avions a déjà perdu : la première bataille contre le feu se gagne en mars, pas en août.
Face aux cendres, des citoyens ont pris la plume : la pétition « Pas de fusil sur les cendres », lancée sur Change.org par Bruno Valentin, gérant d'un refuge pour animaux dans le Cantal, réclame un moratoire immédiat de la chasse dans les forêts incendiées et un périmètre de protection autour des espaces brûlés, le temps que la végétation se reconstitue et que les cycles de reproduction reprennent. Samedi matin, elle dépassait les 340 000 signatures. « Il est inadmissible que l'on autorise la traque là où la nature tente de renaître », dénonce son initiateur, qui refuse que des équipages de chasse à courre lancent leurs meutes sur des animaux déjà traumatisés par les flammes. Quand la puissance publique tarde, la parole citoyenne s'organise : c'est cela, la démocratie qui respire.
Parcourus en une seule journée par la reprise du feu du Gros Bessillon (Var), samedi 1er août 2026 - avec 2 500 personnes évacuées et 1 300 pompiers mobilisés. À titre de comparaison, le mégafeu de Gironde a ravagé 42 000 hectares depuis le 22 juillet.
Chaque été, le même scénario : des forêts qui brûlent, des pompiers au bord de l'épuisement, des polémiques sur les moyens - puis l'hiver qui endort les bonnes résolutions. On compte les hectares comme on compte les drames : toujours trop tard. La prévention est moins spectaculaire que les tonnes d'eau larguées, mais c'est là que tout se joue : débroussailler, entretenir, planifier, former. Un pays qui laisse ses forêts à l'abandon et ses moyens au plus juste n'a pas un problème de budget, il a un problème de vision. Et la vision ne s'achète pas dans l'urgence : elle se décide, froidement, loin des flammes.
- le préfet du Var, samedi 1er août 2026
📚 Sources : franceinfo, Le Monde, La Dépêche, Midi Libre, TF1 Info, Le Parisien, Le Dauphiné, RFI