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🔎 Focus : Électricité - +2,5 % au 1er août, la promesse de stabilité s'efface
Ce samedi 1er août, le tarif réglementé de l'électricité augmente de 2,5 % en moyenne - une hausse qui touche 20 millions de ménages : un studio paiera 10 € de plus par an, une maison chauffée à l'électricité jusqu'à 49 €. Le gouvernement s'était engagé sur le maintien, « voire une baisse » ; il a pourtant suivi l'avis du régulateur. Les causes ? Le TURPE, tarif d'acheminement sur les réseaux, grimpe de 3,04 % - et s'y ajoute un mécanisme de rattrapage pour compenser l'écart entre le prix de marché et le tarif réglementé depuis la fin de l'ARENH. Plus structurel encore : notre électricité, pourtant produite à bas coût, est facturée au prix de la centrale la plus chère - souvent une centrale à gaz - et le consommateur paie trois fois l'intermittence : les soutiens publics aux éoliennes, les réseaux pour les brancher, et les centrales de secours pour compenser leurs absences. La CLCV résume l'incohérence : « On nous incite à passer à l'électrique mais on augmente les tarifs. »
Proposition : Baisser la taxe ou gonfler le chèque énergie, c'est traiter le symptôme : la cause, c'est un marché qui fixe le prix de notre électricité sur celui du gaz importé. Trois piliers pour une réponse systémique et souveraine. D'abord, la souveraineté énergétique : l'électricité est un bien vital, pas une marchandise - la France doit maîtriser sa production (nucléaire pilotable, service public de l'énergie) et décider elle-même de ses prix, sans les aligner sur les centrales à gaz de ses voisins. Ensuite, traiter la cause à la racine : sortir du marché marginaliste qui fait payer au prix de la centrale la plus chère une électricité produite à bas coût, planifier le mix pour que l'intermittence ne se paie pas trois fois, et reconstruire des capacités pilotables. Enfin, protéger sans assister : la solidarité d'urgence (chèque énergie, tarifs progressifs) pour les plus fragiles, mais la vraie protection, c'est un prix juste et stable pour tous, ménages comme entreprises, qui rende la précarité énergétique structurellement impossible. Une nation souveraine ne laisse pas le prix de sa lumière dépendre du gaz de ses voisins : l'électricité est un bien commun, pas une variable d'ajustement.
Dans les Hautes-Alpes, la coopérative Ener'Guil prouve depuis 2015 qu'une autre électricité existe : citoyens et collectivités du Queyras et du Guillestrois ont équipé de panneaux solaires les toits des écoles, des hôtels et des maisons - 100 kWc qui alimentent une copropriété entière et les immeubles voisins, à un prix fixe garanti pour les habitants. Née à l'initiative du parc naturel régional du Queyras, elle vise l'autonomie énergétique du territoire d'ici 2050. La souveraineté énergétique ne se décrète pas qu'à l'échelle d'un État : elle se construit aussi, toit par toit, village par village.
Hausse moyenne du tarif réglementé de l'électricité au 1er août 2026 - soit environ 26 € par an pour un foyer moyen (4,5 MWh), jusqu'à 49 € pour une maison chauffée à l'électricité.
La France produit l'une des électricités les moins chères d'Europe grâce à son parc nucléaire, et pourtant sa facture suit le prix du gaz mondial : c'est tout le paradoxe d'un marché construit contre l'intérêt des peuples. Chaque hausse est présentée comme une fatalité technique, jamais comme un choix politique. Or c'en est un : celui de confier le prix de la lumière à des mécanismes de marché plutôt qu'à la volonté collective. Un pays qui ne maîtrise pas son énergie ne maîtrise pas son destin - et une facture n'est jamais neutre : c'est le miroir de nos souverainetés abandonnées.
- Thierry Saniez, vice-président de la CLCV, sur RMC le 31 juillet 2026
📚 Sources : service-public.gouv.fr, CRE, Hello Watt, Le Parisien, RMC (CLCV)